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LES BELLES LETTRES

Tag - L.L. de Mars

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Sous les bombes sans la guerre, par L.L. de Mars

Aujourd'hui en librairie :

Sous les bombes sans la guerre

Chronique émotionnelle de l’écroulement d’un monde, Sous les bombes sans la guerre évoque les derniers moments de la vie d'un homme, accompagné de son fils. Ce dernier est représenté sous les traits de Pif le chien, personnage créé en 1948 par José Cabrero Arnal pour le quotidien L’Humanité. Le père a l’apparence de Top, précurseur de Pif né en 1935. Submergés par un déluge de larmes, de sang et de bombes métastasiques, nos deux animaux aux traits ronds se retrouvent confrontés à l’abîme d’une aventure inéluctable.

L’écoulement du temps se fait erratique, le lecteur est embarqué dans des allers-retours incessants entre le présent à l’hôpital et les réminiscences altérées d’un passé enfoui à jamais, mettant par exemple en scène Top chevauchant sa fameuse fusée, attaqué par des moustiques géants ou encore prisonnier d’un camp d’internement pendant la guerre d’Espagne.

Cet univers instable se déploie dans un livre au format ample où se croisent tableaux inspirés de la peinture chrétienne et planches de BD classique, communisme et religion, souvenirs du père et du fils. Réalisé en tirage limité du fait de son façonnage artisanal, Sous les bombes sans la guerre est un objet bâtard mettant en regard expérience intime et culture populaire.

Sous les bombes sans la guerre, extraits

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Sept questions à L.L. de Mars

La différence entre un philosophe et un bout de bois avec des moustaches

Sept questions à L.L. de Mars à l'occasion de l'édition de l'intégrale de ses Pingouins, disponible ces jours-ci dans toutes les bonnes librairies.

Pingouins, par L.L. de Mars

Tanibis : Le moins qu'on puisse dire est que ton travail a énormément évolué depuis cette série de pingouins, dessinée nous-semble-t-il à la fin des années 90. Quel regard portes-tu sur eux aujourd'hui ?

L.L. de Mars : Comme celui que je porte sur tout mon travail passé, qu'il soit du mois dernier ou qu'il ait quinze ans, tu sais : il constitue, sans que j'aie à chercher à lui donner une position hiérarchique, un moment, participant d'un grand mouvement plus général. Je ne sais pas plus par où il s'assemble à Betty, par où son écriture a été nécessaire pour rendre possible Prières, que je ne sais par où mes lectures de jeunesse ont ouvert mes lectures d'homme mûr ; mais je sais que c'est, au bout du compte, un des sillons que je me suis tracé — peu importe qu'il soit conscient ou non — pour aller de tel point à un autre.

Quand bien même je n'aurais dessiné ça que pour y échapper ensuite, ce serait déjà un passage. Les imperfections sont des notions floues, transitoires, dont il vaut mieux ne pas s'encombrer. Quand aux formes d'humour que j'y développais, elle sont encore très proches de certains aspects de mon travail actuel.

Pingouins, par L.L. de Mars

T. : Tu mets en scène une banquise peuplée de pingouins, mais on n'a pas l'impression que tu es mû par un grand intérêt pour l'ornithologie. C'est manifestement la comédie humaine que tu croques… Te rappelles-tu comment t'es venue l'idée de transposer la société des hommes chez les alcidés ?

L.L. de M. : Par urgence ; un grand espace vide pour décor, pas de couleurs à mobiliser pour les personnages. Je faisais ça pour dérider une amie qui sombrait dans une grave dépression et je devais aller thérapeutiquement très vite pour précéder la pendaison de trois ou quatre longueurs. Il faut croire que cette paresse du dessin est contagieuse : quelques années plus tard, d'autres types sans imagination se sont mis à dessiner des pingouins dans les pages mêmes du magazine où elles avaient été publiées (Spirou). Comme il n'y avait plus rien à simplifier du dessin, mes suiveurs ont simplifié l'humour pour l'adapter à la compréhension d'un singe habillé. « Ils volent de nos propres ailes » disait Degas de ce genre de zozos.

Pingouins, par L.L. de Mars

T. : Le sous-titre « une sorte d'intégrale mais qui sait ce que nous réserve l'avenir » présage-t-il d'une possible reprise ?

L.L. de M. : Je me méfie par principe de toute déclaration d'auteur affirmant qu'il ne refera plus tel ou tel truc. Le plus inconstant des auteurs que je connaisse étant moi-même, je me méfie d'autant plus.

Pingouins, par L.L. de Mars

T. : Continues-tu le dessin d'humour, parallèlement à la bande dessinée ?

L.L. de M. : Je ne sais pas si ce que je dessine pour la presse d'extrême gauche est drôle ou pas (c'est souvent assez triste, quand même, et les sujets que ça accompagne sont généralement glauques et violents), mais disons que ce serait ça, aujourd'hui, l'endroit où je continue à exercer ce genre de dessin. Mais je ne crois pas avoir fait un seul album duquel l'humour soit absent, c'est assez central dans ma façon de conduire un récit, même le plus grave. C'est important comme mouvement intérieur à toute formulation. Ça n'a pas besoin d'être démonstratif (rien à voir avec l'injonction connarde à faire marrer qui s'établit en règle dans la production de bande dessinée). Ça a besoin d'être là. De dessiner le périmètre. Je me méfie de la gravité qui ne se trouve pas elle-même ridicule, comme je méprise tout esprit qui pontifie ses gammes techniques avec le plus grand sérieux ; c'est tout ce qui fait la différence entre un philosophe (Deleuze) et un bout de bois avec des moustaches (Heidegger). C'est valable dans l'autre sens : j'ai une horreur absolue de la bd dont le labeur est de faire marrer, de faire mouche, de fabriquer de la congrégation de rieurs. Sale métier, franchement.

Pingouins, par L.L. de Mars

T. : Par quel étrange concours de circonstances des planches de bande dessinée mettant en scène les pingouins se sont-ils retrouvés dans Spirou et l'Écho des savanes, presque 10 ans après la première série de dessins ?

L.L. de M. : Dans Spirou, il y en a eu très tôt (les planches en couleurs, c'était en fait un retour tardif dans le magazine, juste pour complaire à mon nigaud de fils dont les copains de classe ne croyaient pas que son père faisait vraiment de la bd. Les copains ont pu voir et moi j'ai pu retourner à des travaux moins futiles) ; au départ, un gars de Spirou était passé à Saint-Malo au festival, l'année-même de la première publication chez [Treize étrange]. Il m'avait demandé des pages pour une rubrique dont j'oublie le nom (je ne suis pas lecteur, je ne l'ai jamais été). Quelques semaines de suite, ils ont passé les rares planches supposément intelligibles par un lecteur de Spirou (ce qui est une erreur, bien entendu ; si vous faites lire à un enfant seulement ce que vous imaginez qu'il peut comprendre, non seulement vous manquez d'imagination, mais ça l'empêche, lui, de comprendre autre chose que ce que vous lui assignez. Voilà donc une prophétie auto-réalisée). Pour l'Écho, c'est une autre histoire, bien qu'elle y soit liée : parce qu'une planche publiée dans Spirou (celle avec les frigos) avait été lue et appréciée par Hervé Desinge, il m'avait fait appeler chez moi pour m'inviter à bosser pour l'Écho (bon sang qui lui a filé mon numéro ? Je suis sur liste rouge, bordel !). J'ai fait part de mon étonnement en apprenant que ça existait encore. On m'a dit que oui, ça existait, et que ce serait bien que je rencontre Desinge pour causer. J'étais perplexe sur le sens de tout ça, trop fauché pour aller à Paris, pas vraiment désireux de continuer à dessiner ce genre de conneries. Je reçus un billet de train par la poste et me retrouvai dans un resto du quartier de Montparnasse à causer de tout ça. Le canard aux myrtilles était bien, la garniture riche. Ça m'a un peu endormi. Je me disais connement que je pouvais bien faire trois pingouins et que j'aurais pu placer des planches moins légères. Ah ah. Bon.

Comme ça tombait à un moment où de toute façon ma propre famille éditoriale me crachait à la gueule, que les Requins Marteaux venaient juste de me demander de ne même plus leur envoyer de manuscrits, que je trimballais trois livres finis dont personne ne voulait (dont le Betty qui nous a réunis toi et moi), à ce moment-là, je me foutais à peu près complètement de tout et je m'apprêtais surtout à arrêter de faire des bandes dessinées. Alors pourquoi pas bricoler pour l'Écho ou n'importe quelle autre crèmerie ? Bon, quelques mois après, l'Écho mourait (j'ai l'habitude d'entraîner un certain nombre d'éditeurs dans ma chute, tu es prévenu), ce qui acheva notre collaboration. Du coup, j'ai d'autres planches finies, avec d'autres bestioles ; ce n'était pas censé constituer une série autour des pingouins, mais plus généralement une série animalière écologiste. Enfin… écologiste pour lecteurs de l'Écho… Ce serait un peu comme une série marxiste pour lecteur de Aaarg!.

Pingouins, par L.L. de Mars

T. : Pourquoi appelles-tu ces bestioles des pingouins alors que ce sont des manchots ?

L.L. de M. : Ce sont des minchouins.

T. : Alexis Kauffmann explique dans sa préface comment tes Pingouins ont été réutilisés par le réseau framasoft. Quels sont tes liens avec la communauté libriste ? Continues-tu à placer tes travaux sous licence copyleft ?

L.L. de M. : je suis lié à la communauté libriste depuis les balbutiements de la L.A.L (la License Art Libre) ; je débarque environ un an après la création de Copyleft Attitude et rencontre Antoine Moreau et les autres oiseaux. Le plus simple, pour comprendre ces liens et pourquoi je continue, régulièrement, à mettre mon travail sous Copyleft, est encore de regarder la video de cette conférence aux Rencontres mondiales du Logiciel Libre de Bruxelles. J'y dis quelques conneries, sans aucun doute, mais peut-être pas seulement.

Pingouins, par L.L. de Mars

Chez les autres

HEY, KIDS !

Que diriez-vous de 48 pages de THÉORIE HARDCORE de la bande dessinée ?

Pré-Carré

Le deuxième numéro de Pré Carré, la revue critique et théorique de L.L. de Mars et ses acolytes est disponible. Extraits, informations et commande sur cette page.

Pré-Carré

Et puisque nous parlons des autres, il semblerait que les vénérables éditions Atrabile rencontrent depuis le début de l'année de grosses difficultés. Il est possible de les soutenir ici.

Le dilemme du 29 mai

Comme nous vous le signalions dans notre précédent post, le Monte-en-l'air à Paris organise mercredi 29 mai une soirée pour le lancement de notre dernière parution Ressac par L.L. de Mars & Choi Juhyun, mais aussi de Hapax (Prolégomènes à une bande dessinée de droite) de L.L. de Mars et Séquences de Robert Varlez, les deux dernières nouveautés de nos amis de The Hoochie Coochie.

Le même jour à partir de 20h aura lieu à la librairie Quilombo une soirée intitulée La Révolution graphique, en présence d'Eric Drooker et de Gabriel Gómez, le fils de l'artiste et activiste espagnol Hélios Gómez. Eric Drooker donnera une "slide lecture", accompagnant la projection de ses œuvres par des propos sur l'art, la politique ou encore la poésie d'Allen Ginsberg que Drooker à récemment adapté en film d'animation.

Eric Drooker, en pleine tournée européenne, sera également à la librairie Expérience le vendredi 31 mai à partir de 14h30 pour dédicacer Flood! & Blood Song.

Eric Drooker, european tour

Le Monte-en-l'air – 71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare – 75020 Paris

Librairie Quilombo / CICP – 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris

Librairie Expérience – 5 place Antonin Poncet – 69002 Lyon

Ressac, par Choi Juhyun & L.L. de Mars

Aujourd'hui en librairies : Ressac, par Choi Juhyun & L.L. de Mars

Ressac, couverture

Basé sur la contrainte oubapienne éponyme inventée par Alex Baladi, Ressac est une expérience de lecture. Elle se construit sous les yeux du lecteur à partir du dialogue et de l’entrelacs des strips de Choi Juhyun et de L.L. de Mars. À chaque proposition narrative répond une autre qui vient s’intercaler dans la première puis s’en détacher pour faire naître une nouvelle séquence. L’ensemble compose une vague qui monte et se retire, formant un cycle dans lequel les éléments apparus dans les premières pages rejaillissent dans les dernières. D’un bout à l’autre de ce processus s’enchaînent les épisodes selon une mécanique proche de celle du rêve.

La rencontre entre les imaginaires de L.L. de Mars et Choi Juhyun a lieu, comme naturellement, dans la thématique liquide qui parcourt ces micro-récits et les relie entre eux. L’eau sous toutes ses formes – larmes, gouttes de pluie, fleuves serpentins – mais également le sang, les humeurs, et l’encre elle-même, forment un courant qui nous mène des paysages d’Orient aux sanctuaires de la culture occidentale. Ressac est un récit tentaculaire, en perpétuelle mutation, qui parvient à mêler le questionnement des systèmes concentrationnaires à celui de sa propre alchimie. Du mystère chrétien à l’expérimentation scientifique, de l’onirique à l’organique, un nouvel élan surgit toujours d’un détail inattendu et nous invite à aiguiser l’œil.

Ressac, extraits

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Une soirée de lancement se tiendra le mercredi 29 mai au Monte-en-l'air, venez !

Le monde autour de Betty

Bientôt :

Le monde autour de Betty L.L. de Mars

« Peindre, écrire, dessiner, faire des bandes dessinées, sont des activités différentes. Ces activités, auxquelles dans mon propre cas on pourrait ajouter la composition musicale, le jeu instrumental et la réalisation de films vidéo, sont séparées par bien plus que des savoir-faire spécifiques : elles mobilisent des modes de transformation du monde originaux et irremplaçables ; et rien ne me semble mieux mettre en lumière ces caractères distincts, ces formulations et ces pratiques distinctes, que de montrer ce qui les prolonge l'une en l'autre, ou mieux, ce qui d'une pensée peut traverser l'une et l'autre, les entrainer à se contaminer. Parce que distinguer ne signifie pas cloisonner, c'est l'étrange et dissonante unité même qui fait une vie humaine dont on peut percevoir le sillage à travers ces travaux et c'est elle, également, qui fait baver les contours de ces territoires traversés : peinture, planche de bande dessinée, dessin, etc. Ce qui m'intéresse, au bout du compte, c'est ce qui résiste à ces bavures, c'est-à dire ce qui tient solidement la détermination de ces disciplines. On aurait tort de s'écrier devant certaines planches « ce n'est plus de la bande dessinée », comme on a eu si souvent tort autrefois devant la peinture de lui arracher son statut dès qu'on voyait y poindre un peu trop ouvertement les figures d'autres territoires. Il faut admettre que ce qu'une peinture ou une bande dessinée problématisent, hé bien ce ne sont tout simplement pas les mêmes objets. Une question de peinture ne devient pas une question de bande dessinée sous le prétexte qu'on a cru voir apparaître à la surface du tableau une figure familière de la bande dessinée, pas plus qu'une question de bande dessinée ne devient une question de peinture sous le prétexte que sa mise en couleur a beaucoup gagné en liberté. J'espère que la cohabitation de tous ces travaux aidera précisément à voir ce que sont ces questions et comment, ensemble, ils donnent une image assez précise du mouvement général qui traverse mon travail sans rien céder de la singularité de chacune de ces disciplines artistiques. »

— L.L. de Mars


Peintures, planches originales et dessins de L.L. de Mars, notamment tirés de Comment Betty vint au monde, Une brève et longue histoire du monde, M - une traversée des chants de Maldoror et Quelques prières d'urgence à réciter en cas de fin des temps.

Vernissage jeudi 1er décembre à partir de 18h30. Rencontre avec l'artiste et projection de films d'animation du laboratoire Élémarsons.


Salle d'exposition de la bibliothèque municipale du 1er arrondissement (1er étage de La Condition des Soies)
7, rue Saint-Polycarpe 69001 Lyon (métro Hôtel de Ville)
Ouvert du mardi au vendredi de 13h à 19h et le samedi de 13h à 17h

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